L'ADN codant

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L'ADN codant

Message  Yves le Ven 9 Mai - 11:25

Réponse à la question du 2 mai 2008.

Une des caractéristiques majeures du génome humain (et d'autres mammifères, d'ailleurs) est qu'il est particulièrement gros, pour un nombre de gènes pas plus important que chez d'autres organismes moins complexes. Ainsi, on estime à l'heure actuelle à environ 1% la proportion d'ADN codant pour des protéines (les exons des gènes) dans le génome humain.

Mais il n'y a pas que cela dans le génome humain qui sert à quelque chose. On retrouve ainsi :
- de l'ADN codant pour d'autres structures (ARNt, ARNribosomaux, microARN...)
- des séquences de régulation de l'expression des gènes
- des séquences de structuration de la chromatine
Pour le reste : beaucoup, beaucoup d'éléments transposables et autres séquences répétées...

Au final, 10% du génome est fonctionnel (dans le sens ou nous le comprenons), dont 1% de gènes protéiques. Le reste est une vaste étendue de perplexité pour grand nombre de chercheurs. A l'heure actuelle, on s'accorde à refuser la description de "junk DNA" (ADN poubelle). En effet, cet ADN est présent et, à de rares exceptions près, maintenu au cours de l'évolution chez les vertébrés ; mais nous comprenons encore très mal sont rôle... Quelques pistes :
permettrait de 'tamponner' l'effet de mutations ou insertions d'élément dans le génome (probabilité moindre que cela arrive dans une séquence codante).
participerait au remodelage et à la complexification des génomes, source de diversification.

La proportion d'ADN codant estimée n'a pas arrêté de baisser au fur et à mesure des découvertes, tout comme le nombre absolu de gènes dans le génome humain.
Ainsi il y a 15 ans on estimait à 80 000 le nombre de gènes. Puis il est tombé à 30 000, puis 25 000, puis autour de 20 000 aujourd'hui, c'est à dire pas plus qu'une "vulgaire souris", un peu plus qu'une mouche, mais bien moins que certaines plantes... Et oui, notre génome est affreusement banal!
La proportion d'ADN codant à suivit grosso modo la même tendance. Le chiffre le plus retenu dans le sondage et par le grand public est 5 à 10% d'ADN codant pour des protéines. Cette estimation (car s'en est une) s'est affinée avec les méthodes de détection est la précision du séquençage du génome humain pour arriver à à peine plus de 1% aujourd'hui.

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